Farouk Chine
29déc/100

Correspondance à double tranchant

J'apprends un rendez-vous important à la dernière minute, je me précipite, j'ai la nausée et je ne l'ai pas encore lu.

17h10, me voilà pris au dépourvu d'une attente d'une heure. Je suis assis, sous un arrêt de car couvert, avec deux sacs chargés, -l'un accueillant mes cours de S.T.G et un dossier pesant recueillant tout ce qu'il faut savoir pour passer et obtenir son B.I.A, l'autre faisant office de bagage à porter de main- et une valise. Je m'installe confortablement, une jambe totalement relâchée sur ma valise qui laisse estomper tout le poids que je porte, je suis à mon aise, mon casque sur les oreilles, dans un état d'ataraxie complet, je regarde les flocons de neige éclairés par les phares d'un car en fin de service stationné devant moi, virevolter dans l'air pour ensuite s'écraser gracieusement sur le pavé goudronneux, à terre, juste devant mes pieds. Le chauffeur décide de rentrer au dépôt, j'ai admiré la légèreté des flocons qui n'étaient pas encore neige pendant au moins 10 minutes, maintenant que l'étendue face à moi n'est plus éclairée, ce détail qui vient manquer subitement au paysage brise ma patience, tout va mal, je suis transi de froid. Un froid épouvantablement douloureux qui se laisse sentir au bouts de mes doigts, calés au fond de mes poches depuis ma dernière cigarette. Je n'ai pas la force de regarder autour de moi, de reconnaitre un visage familier et de l'inviter à s'assoir pour patienter à mes côtés, je reste abattu sur le banc froid, le regard fixe, droit devant, sans rien distinguer.

18h10, mon car fait son arrivée, j'attrape mes bagages pour aller jusqu'à la porte d'ouverture et demande confirmation de la destination à mon chauffeur, un homme dynamique d'apparence, vêtu manteau chaud, une oreillette bluetooth fixée à l'oreille, recevant des appels toutes les 5 minutes à l'instar d'un trader sans le bureau et le salaire qui va avec, mais peut-être un petit peu trop vivant pour un métier qui demande de demeurer assis sur un siège droit du matin au soir.

Je cale mes bagages sur deux places, et prend place derrière eux. Je retrouve ma patience et je ne pense à rien d'autre qu'à l'extase que je retrouverais ce soir en rentrant chez-moi pour retrouver mon espace personnel enfermé à double tour, loin du froid et du reste.

Un chauffeur voisin entre pour avoir une discussion pendant sa pause, comme si, c'était par tradition qu'il le faisait, et que si on la lui refusait, ça l'amènerait à l'insatisfaction que les gourmands ressentent quand ils n'ont pas leur désert sucré, ou pour les fumeurs : une cigarette grillée après le repas. Plus âgé que le conducteur de mon car, il paraissait rouillé par le métier, le crâne dégarni, il utilisait les quelques poils restants sur celui-ci pour les brosser à l'italienne, il avait le visage naturellement fatigué, et une sorte de kyste nerveux sur la joue, le regard hébété, une veste Veolia sombre sur les épaules, un parfait conducteur de camionnette noir. Ce qui faisait la différence de son apparence sans écart, c'est sa voix roque et sa locution ferme et certaine, il ne se jouait pas de fioritures, il parlait le jargon des chauffeurs, narrant ses mésaventures de la journée, de son car pris dans la neige, du moteur, de l'huile de moteur, de la carrosserie, de ses manoeuvres spectaculaires pour débloquer son poids lourd et tout ce qui s'en suit...

Mon chauffeur reçût un nouvel appel, c'est comme ça que le vieux s'en alla vers le car suivant, stationné juste à côté, je me désintéressais des conversations téléphoniques de mon chauffeur mise à part quand celui-ci se mit à parler à voix basse en énonçant des sommes d'argent à investir dans son repas de réveillon d'un air dubitatif comme si il avait honte de parler d'argent et qu'il tenait à rester modeste aux yeux de cette petite dame au bonnet vert qui est entré en lançant "Bonjour !" alors que la nuit était déjà tombée depuis bientôt une heure et vingt minutes, je lui répondis "Bonsoir." indolemment, trop faiblement pour que son ouïe puisse le percevoir même indistinctement. Cette dame ne m'inspirais rien de bon, elle avait l'air d'une harpie de première classe, alors je détournais mon regard vers le vieux, dans le car voisin, comme je suis assez grand, je pouvais voir l'espace conducteur et le vieux répétant certainement au détail près sa version de la journée à un chauffeur, une femme, qui se distinguait totalement du groupe des 3 chauffeurs, elle était à l'aise, sa veste était posée sur son siège, elle portait de petites lunettes vernis de rouge, une chemise blanche et un boléro noir, l'air très soignée, émanant de l'assurance. En revanche, les motifs qu'arborait son car étaient en inadéquation avec elle, ce bleu ciel nuancé de petits carrés blancs rappelait les séjours au ski auxquelles nous ne prêtons jamais attention au chauffeur mais surtout à sa musique et ses amis. Dans ces cas là, les chauffeurs sont invisibles, et son inconsciemment considérés comme des entités programmés pour faire le trajet sans mettre un coup de volant de trop vers la droite et nous faire glisser dans un ravin vertigineusement profond.

Le car démarra, le chauffeur s'exclama "C'est bon, ON SE CASSE!", j'étais soulagé de tout ce manège entre conducteurs comme si j'avais pris part à leurs conversations, même celles que je n'entendait pas, du début à la fin. Un passager rangea son sachet de tabac jaune éclatant Camel dans sa poche depuis son sac de cours, ça me rappela le goût doux de ce tabac que je ne fume plus depuis que j'ai découvert plus sucré : Golden Virginia.

Une fréquence radio était enclenchée, non par défaut, car tout chauffeur contrôle les stations en temps réel toute la journée, c'était donc une prédilection de mon chauffeur qui tomba très bas, à six pieds sous terre, dans mon estime, certes, il n'en avait pas besoin pour vivre, de mon estime, mais quand on écoute une programmation dégueulasse destinée à la masse la moins cultivée, on ne peut qu'attiser le dégoût "ton père le martien" & "Vous êtes drogué et croyant ? Prenez des cours de Catéshit" à ses mots qui remontait en puissance derrière le grisonnement de la réception, je n'avais qu'une envie : écouter ma musique et de me soustraire à cette ambiance de misère. Sauf que la batterie de mon baladeur avait donnée sa dernière décharge pour une dernière pluie de recueillement biblique "SOOOOO ... I HOPE I won't be there in the end". Je décide de regarder par la fenêtre : un paysage en vue aérienne de la zone sous tension moderne de la ville, une étendue de petites lumières, avec un éclairage plus accentué par les plus forts lampadaires qui formaient, en les accordant, des formes géométriques parfaites. Le bourdonnement de la radio revient "PuceauRadio merci d'être avec nous", seulement, je n'ai malheureusement pas le choix de répondre concrètement à votre appel, je n'ai pas le contrôle sur le poste FM, sinon je l'aurais court-circuit' avant même que le présentateur radio termine sa phrase sans consistance de sa voix stridente, exécrable, une voix de petit con en fait.

On arrive en face d'une grande montée (à la verticale oui), les voitures au sens inverse descendant la descente, j'ai une vue sur tout le tableau de bord, on ne voit que les phares éclairés de celles-ci, j'imagine une averse d'étoiles filantes. Je me pose une question : Si je me surprend à marcher à l'horizontale, cela voudrait-il dire que mon ascension vers le sommet de la pente aura pris fin ?

Le chauffeur reçoit un appel, éteint la radio, la rallume, j'entends et reconnait le titre I Need A Dollar de Aloe Blacc, je l'écoute seulement pendant 10 seconde avant qu'il prenne fin, je l'ai raté.

Je ne prête plus attention à rien, j'attends de descendre à l'arrêt qui me permettra de prendre le second car qui lui, me déposera directement à Lyon. Là encore, je patiente 15 minutes, raid comme une fleur en été qui tend ses pétales vers les rayons que lui transmet le soleil, au milieu d'une tempête de neige. Le car est en retard. Je lance le chronomètre de ma montre et ne me permet pas de m'inquiéter avant 10 minutes supplémentaires. J'entends le lourd moteur grogner à deux rues d’ici, un moteur qui a dû mal à tirer tout le poids de sa carrosserie et de ses passagers, je dépose ma valise dans la soute, je monte dans le car en aillant conscience que j'ai oublié ma carte d'abonnement, le chauffeur me fait la morale, mais écoute les informations (celles qui sont vraiment intéressantes, pas celle qui donnent des statistiques à propos du nombre de morts à x endroit et pour citer Staline "La mort d'un home est une tragédie, la mort de millions d'hommes n'est qu'une statistique") je suis soulagé, je suis réchauffé, et me laisse conduire jusqu'à destination finale.

17juil/100

Un decollage victime de perturbations

Kira's Fall

Voler, le plus vieux et le plus grand rêve de l'humanité, généré par ma fonction cognitive lors de plusieurs nuits : Je rêve de voler, un peu comme un super héros mais avec beaucoup moins de dynamisme, je rêve d'être transporté par les cieux et ce, tout à fait inopinément. Je marche dans la rue, et soudainement, je me surprends en train de voler, je prend de l'altitude progressivement, au départ je contrôle le niveau qui me sépare du sol, et bien que je m'inquiète de la chute qui pourrait m'être mortelle, j'encourage le rêve dans ce sens, puis vint le moment où je perd totalement le contrôle de mon envolée, c'est à cet instant que mon rêve se transforme en véritable cauchemar, je suis littéralement propulsé dans le ciel et j'ai une vue aérienne très nette sur le paysage terrestre, le réalisme de la chose ne me rassure pas, je tente de déterminer si il s'agit bien d'une illusion, alors j'essaye de regarder ailleurs qu'en bas, et de palper les bords de mon lit, mais en vain, mon cauchemar prend une tournure catastrophique, je tombe (effet totem) et c'est pendant la chute que je me réveille en sueur. C'était le décollage cauchemardesque de Farouk en exclusivité pour vous et je ne me suis jamais écrasé sur terre contre toute attente, j'ai toujours ouvert les yeux avant =D

19nov/090

Coming Soon

Je compte reprendre du service, ici, sur mon journal, my notebook, mon blog, appelez ça comme vous le voulez et dans la langue que vous le voulez ça n'aura d'autres significations que celle que j'ai assigné à cette page; Autant vous prévenir, je ne sais vraiment pas quand je remettrais la machine en route, cela peut se décider dans un mois, une semaine, un jour, une heure, une minute, une seconde, un centième de seconde après que vous ayez lu ces lignes. De cause à conséquence : je manque cruellement de temps, de motivation et de concentration nécessaire pour remplir la jauge de force requise pour ce genre de projet alors la naissance de cette page est retardée ...

   
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